2025-03-12 écrire à propos des fleurs de la médiathèque
J'ai pris une décision. J'aimerais écrire régulièrement sur le drawings journal. D'une part, parce que j'écris tout le temps. D'autre part parce que j'ai besoin de fixer certaines idées. Je vais tenter de publier un poste par semaine où je raconte l'avancée de ma bande-dessinée "Les fleurs de la médiathèque." C'est un rendez-vous.
Je vais commencer par me contenter de publier dans l'ordre toute la matière que j'ai commencé à écrire. Les premières planches ont été dessinées de manière complètement spontanée un soir de juin 2024. Je me suis attachée au personnage qui parait être celui qui me poursuit le plus actuellement dans ma vie.
Ensuite, j'ai continué de temps à autre à écrire de nouvelles pages complètement spontanée au cours de ces derniers mois.
L'écriture de cette BD risque d'agir comme une introspection à travers ma propre vie. Comme d'habitude, en réalisant les parallèles, je vais être confrontée à plusieurs saboteurs. J'aurai changé avant d'avoir commencé à dessiner. Avant de ranger ce projet dans un carton au fond de ma chambre. Avant de remplacer le personnage principal de Monarde, par un autre personnage plus actuel de mes pensées, autant rendre le processus d'écriture un peu vivant.
Cette fois ça y est, j'ai décidé d'aller jusqu'au bout de quelque-chose même si c'est dans le désordre, trop intime et très moche. Il me faut imprimer pour terminer.

Que raconter des fleurs de la médiathèque ? Monarde est la version artiste adulte de moi-même, un dragon de presque trente ans. "Les fleurs de la médiathèque" est une histoire sombre qui parle de solitude, d'ego, de confiance en soi désillusionée. Il y a un parterre de fleurs, non loin de la médiathèque, toutes jalouses de la beauté et du laché prise qu'opère Monarde sur sa propre vie.
Monarde est un personnage détestable, (libre) qui n'a pas peur d'être isolée. Pour elle, ce qui compte vraiment c'est de peindre et de se réaliser, en dehors du regard et de la vie des autres.
L'ambiance est victorienne, car je suis "matrixée" par les romans victoriens des soeurs Brontë ou Jane Austen en quelque sorte. L'ambiance est au roman, à la vieille pluie - à tout ce que je n'ai pas depuis le coin d'une table de la médiathèque de Marseille.
(J'ai bien aimé Tchekov aussi. J'aimerais écrire quelque-chose sur les mondes qui se terminent.)
Je pense aux femmes qui finissent seules, qui ne trouvent pas leur place entre elles. Je pense aux histoires d'amour qui ne nous complètent pas vraiment. Je pense aux amitiés brisées par le temps et les désirs qui nous changent. Je pense au métier d'artiste, au succès, à cette vie qui nous paraissait si facilement accessible.
J'ai besoin de questionner ce rapport aux autres, qui nous empêche d'être nous-même. Cette comparaison qui nous empêche de faire.
Si les prochaines lignes sont compliquées à lire, n'y prêtez pas trop attention.
Il y a deux manières de se comparer:
1. Celle où l'on observe ce que l'autre a, que l'on a pas (le talent, le génie, la beauté, la jeunesse par exemple ).
2. celle où l'on observe le regard des autres sur quelqu'un qui a, ce qu'on possède aussi. (on lui désire son succès, l'admiration, sa facilité)
Dans le cas 1. On désire être comme l'autre. Avoir ce qu'il possède. Être lui, sans forcément le détruire. On admire, mais on place notre estime de soi inférieure à celle de l'autre. On se détruit nous-même.
Dans le cas 2. On ne désire pas ce que l'autre possède, puisqu'on le possède déjà. Ce que l'on désire, c'est le regard des autres sur nous-même. Sauf que, dans ce cas, l'objet de notre désir est déjà occupé.
Dans ce cas, il nous est plus aisé de souhaiter la destruction de l'objet désiré, puisqu'il n'affecte que le regard porté sur un objet et non l'objet en lui-même. On souhaite destituer ce que possède l'autre, puisqu'il ne le mérite pas.
( Etant donné qu'il est évidemment immoral de souhaiter la destruction de quoi que ce soit, le dilemme mental de cette situation nous pousse donc à nous retirer de cette triangulation. Et de procéder à notre propre destruction. )
La jalousie est portée par les fleurs. Malheureusement, elles ne peuvent pas bouger, elles sont juste là, un parterre qu'il faut longer, pour aller à la médiathèque.
